Ce n’est probablement pas Microsoft. Ce n’est peut-être même pas votre fibre.
« Nous avons une fibre à 1 Gbit/s. Pourtant Outlook met plusieurs secondes à s’ouvrir, Teams coupe régulièrement et SharePoint est parfois inutilisable. »
Si vous êtes DSI, cette situation vous est probablement familière.
Le plus frustrant est qu’au moment où les utilisateurs remontent ces problèmes, tous les indicateurs semblent rassurants.
La supervision affiche une fibre disponible.
Le pare-feu fonctionne normalement.
Les switchs ne sont pas saturés.
Les serveurs ne montrent aucun signe de faiblesse.
Et pourtant, les plaintes continuent de s’accumuler.
« Teams est lent. »
« Outlook ne répond plus. »
« OneDrive ne synchronise pas. »
« Les fichiers SharePoint mettent une éternité à s’ouvrir. »
La première réaction consiste souvent à incriminer Microsoft 365.
La deuxième est de penser que la connexion Internet est insuffisante.
Certaines entreprises vont même jusqu’à commander une fibre plus rapide, persuadées que le problème disparaîtra avec davantage de bande passante.
Dans la majorité des cas, cette décision ne change… absolument rien.
Pourquoi ?
Parce que le problème ne se situe généralement ni chez Microsoft, ni dans votre entreprise.
Il se trouve entre les deux.
Une idée reçue : une fibre à 1 Gbit/s garantit de bonnes performances
Depuis des années, les entreprises raisonnent de la même manière.
Plus le débit est élevé, meilleures seront les performances.
Cette logique était parfaitement valable lorsque les applications étaient hébergées dans la salle serveur de l’entreprise.
Aujourd’hui, le contexte est totalement différent.
Les applications les plus utilisées sont désormais hébergées dans le cloud.
Microsoft 365, Teams, SharePoint, OneDrive ou Exchange Online ne se trouvent plus dans vos locaux.
Chaque action réalisée par un utilisateur implique un échange permanent avec les infrastructures Microsoft.
Lorsque vous ouvrez Outlook, il ne lit plus simplement un fichier stocké sur un serveur de votre entreprise.
Il dialogue en permanence avec les centres de données Microsoft.
Même chose pour Teams.
Chaque message, chaque appel, chaque partage d’écran traverse Internet avant d’arriver jusqu’à Microsoft.
Le débit de votre fibre ne représente donc qu’une toute petite partie de l’équation.
Votre fibre ne représente que les premiers kilomètres
Prenons une comparaison simple.
Imaginez que vous possédiez une voiture capable de rouler à 250 km/h.
Vous quittez votre entreprise par une autoroute parfaitement dégagée.
Pendant quelques kilomètres, tout est fluide.
Puis vous rejoignez le périphérique parisien à 18 heures.
À partir de cet instant, les performances de votre voiture ne servent plus à grand-chose.
Vous êtes bloqué dans les embouteillages.
Une connexion Internet fonctionne exactement de la même façon.
La fibre représente simplement la première portion du trajet.
Une fois vos données sorties de votre entreprise, elles traversent des dizaines de réseaux qui ne vous appartiennent plus.
Et c’est précisément là que les problèmes commencent.
Que se passe-t-il réellement lorsque vous ouvrez un document SharePoint ?
Pour beaucoup d’utilisateurs, cliquer sur un document semble être une action instantanée.
En réalité, plusieurs dizaines d’échanges ont lieu en quelques fractions de seconde.
Le poste de travail contacte le réseau local.
Le réseau local communique avec le pare-feu.
Le pare-feu envoie la requête vers votre opérateur Internet.
Celui-ci la transmet ensuite à d’autres opérateurs.
Les données traversent plusieurs réseaux internationaux.
Elles passent par différents points d’échange Internet.
Puis rejoignent enfin le réseau mondial de Microsoft.
Et le chemin inverse est parcouru pour chaque réponse.
Tout cela se déroule en quelques millisecondes.
Mais il suffit qu’une seule étape ralentisse pour que l’utilisateur perçoive immédiatement une dégradation.
Le débit n’est plus le principal indicateur
Lorsque l’on parle de performance réseau, beaucoup de DSI regardent encore uniquement le débit.
Pour les applications cloud modernes, ce n’est pourtant plus le critère le plus important.
D’autres paramètres jouent un rôle beaucoup plus déterminant.
Le premier est la latence.
La latence correspond au temps nécessaire pour qu’une information effectue un aller-retour entre votre poste de travail et Microsoft.
Même avec une fibre très rapide, une latence élevée donne immédiatement une impression de lenteur.
Vient ensuite le jitter, c’est-à-dire la variation du temps de réponse.
C’est lui qui provoque les voix hachées sur Teams ou les visioconférences qui se figent sans raison apparente.
Les pertes de paquets constituent un autre facteur majeur.
Chaque donnée envoyée est découpée en milliers de petits paquets.
Si certains disparaissent pendant le trajet, ils doivent être retransmis.
L’utilisateur ne voit évidemment pas ce mécanisme.
Il constate simplement que l’application « rame ».
Enfin, il existe un élément souvent ignoré : le chemin emprunté par les données.
Deux entreprises situées dans le même immeuble peuvent emprunter des itinéraires totalement différents pour rejoindre Microsoft.
L’une bénéficiera d’un accès très performant.
L’autre subira des ralentissements quotidiens.
Pourtant, elles possèdent exactement la même fibre.
Pourquoi la supervision ne détecte-t-elle aucun problème ?
C’est probablement le point le plus déroutant.
Les outils de supervision traditionnels sont conçus pour surveiller votre infrastructure.
Ils vérifient :
- la disponibilité des serveurs ;
- l’état des switchs ;
- l’utilisation du pare-feu ;
- le débit de la fibre ;
- les performances des équipements réseau.
Autrement dit, ils surveillent parfaitement ce qui se passe dans votre entreprise.
Mais Microsoft 365 est une application cloud.
Une fois que les données quittent votre pare-feu, la majorité des outils deviennent aveugles.
Ils ne voient plus :
- les congestions chez les opérateurs ;
- les changements de routage ;
- les ralentissements sur Internet ;
- les problèmes rencontrés avant d’atteindre Microsoft.
Le DSI se retrouve alors dans une situation paradoxale.
Les utilisateurs se plaignent.
Les outils disent que tout fonctionne.
Et les deux ont raison.
La panne n’est simplement pas située à l’endroit où vous regardez.
Internet n’est pas un réseau unique
On parle souvent « d’Internet » comme s’il s’agissait d’une immense infrastructure mondiale.
En réalité, Internet est constitué de plusieurs dizaines de milliers de réseaux indépendants.
Chaque opérateur possède ses propres infrastructures.
Ses propres accords avec les autres opérateurs.
Ses propres routes.
Ses propres priorités.
Le chemin utilisé aujourd’hui pour rejoindre Microsoft ne sera pas forcément le même demain.
Il peut même changer plusieurs fois dans une seule journée.
Voilà pourquoi un utilisateur peut vous dire :
« Ce matin tout fonctionnait parfaitement. Depuis 15 heures, Teams est inutilisable. »
Aucun équipement de votre entreprise n’a changé.
Le chemin réseau, lui, a peut-être complètement évolué.
Pourquoi ajouter une seconde fibre ne résout pas toujours le problème
Face à ces ralentissements, certaines entreprises décident d’installer une deuxième connexion Internet.
L’objectif est souvent double :
- améliorer la disponibilité ;
- améliorer les performances.
Le premier objectif est généralement atteint.
Le second, beaucoup moins.
Pourquoi ?
Parce que deux opérateurs différents peuvent utiliser exactement les mêmes infrastructures internationales pour rejoindre Microsoft.
Vous disposez alors de deux accès différents…
…qui finissent par emprunter les mêmes routes congestionnées.
Vous avez doublé les portes d’entrée.
Pas forcément la qualité du trajet.
Pourquoi les applications Microsoft sont particulièrement sensibles
Toutes les applications ne réagissent pas de la même manière aux problèmes réseau.
Télécharger un fichier de plusieurs gigaoctets supporte relativement bien quelques millisecondes supplémentaires.
En revanche, Teams, Outlook ou SharePoint réalisent des centaines, voire des milliers de petits échanges en permanence.
Quelques millisecondes perdues sur chaque requête finissent par représenter plusieurs secondes d’attente pour l’utilisateur.
C’est précisément ce qui donne cette impression de lenteur permanente alors même que la connexion affiche un excellent débit.
Les architectures SASE changent complètement l’approche
Pendant longtemps, les entreprises considéraient Internet comme un simple moyen de transport.
Les architectures SASE (Secure Access Service Edge) introduisent une logique totalement différente.
L’idée n’est plus seulement de protéger les flux.
Elle consiste également à optimiser leur trajet.
Au lieu de laisser Internet choisir librement le chemin emprunté, le trafic est dirigé vers le point de présence (PoP) le plus proche.
À partir de là, il circule sur un backbone privé mondial conçu pour offrir les meilleures performances possibles jusqu’aux principales plateformes cloud, dont Microsoft 365.
Le bénéfice est souvent immédiat :
- une latence plus faible ;
- moins de variations de temps de réponse ;
- moins de pertes de paquets ;
- une meilleure qualité audio sur Teams ;
- une ouverture plus rapide des fichiers SharePoint ;
- une synchronisation OneDrive plus fluide.
Et tout cela… sans changer la fibre de l’entreprise.
Les signes qui doivent alerter un DSI
Certains symptômes reviennent très régulièrement.
- Teams fonctionne parfaitement le matin mais devient lent l’après-midi.
- Outlook ouvre les messages avec plusieurs secondes de retard.
- SharePoint est rapide depuis certains sites mais lent depuis d’autres.
- OneDrive synchronise de manière aléatoire.
- Les utilisateurs en télétravail travaillent parfois dans de meilleures conditions que ceux présents au siège.
- Les outils de supervision n’indiquent pourtant aucun incident.
Lorsque plusieurs de ces situations apparaissent simultanément, il est probable que le problème se situe sur le chemin réseau entre votre entreprise et Microsoft.
Conclusion
Pendant des années, améliorer les performances consistait principalement à augmenter le débit Internet.
Cette approche n’est plus adaptée aux usages actuels.
Aujourd’hui, la majorité des applications critiques sont hébergées dans le cloud.
Le véritable enjeu n’est donc plus uniquement la vitesse de votre connexion, mais la qualité du trajet emprunté par vos données.
C’est précisément pour cette raison que de nombreuses DSI repensent aujourd’hui leur architecture réseau.
Elles ne cherchent plus seulement à disposer d’une connexion plus rapide.
Elles veulent garantir que les utilisateurs empruntent en permanence le meilleur chemin vers les applications cloud.
Car en matière de Microsoft 365, la meilleure connexion n’est pas celle qui affiche le plus de mégabits. C’est celle qui offre le meilleur trajet jusqu’au service.